Les Frères Karamazov, Dostoïevski.06 décembre 06 @ 19:29
- Oui, mais pourrais-je longtemps supporter une telle existence ? continua la
dame avec passion, d'un air presque égaré. Voilà la question capitale, celle
qui me tourmente le plus. Je ferme les yeux et je me demande :
"Persisterais-tu longtemps dans cette voie ? Si le malade dont tu laves les
ulcères te paie d'ingratitude, s'il se met à te tourmenter de ses caprices,
sans apprécier ni remarquer ton dévouement, s'il crie, se montre exigeant, se
plaint même à la direction (comme il arrive souvent quand on souffre
beaucoup), alors ton amour continuera-t-il ?" Figurez-vous, j'ai déjà décidé
avec un frisson : "S'il y a quelque chose qui puisse refroidir sur-le-champ
mon amour "agissant" pour l'humanité, c'est uniquement l'ingratitude." En un
mot, je travaille pour un salaire, je l'exige immédiat, sous forme d'éloges
et d'amour en échange du mien. Autrement, je ne puis aimer personne."
Après s'être ainsi fustigée dans un accès de sincérité, elle regarda le starets avec une hardiesse provocante.
"C'est exactement, repliqua celui-ci, ce que me racontait, il y a longtemps du reste, un médecin de mes amis, homme d'âge mûr et de belle intelligence ; il s'exprimait aussi ouvertement que vous, bien qu'en plaisantant, mais avec tristesse. "J'aime, me disait-il, l'humanité, mais, à ma grande surprise, plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus. J'ai plus d'une fois rêvé passionnément de servir l'humanité, et peut-être fussé-je vraiment monté au calvaire pour mes semblables, s'il l'avait fallu, alors que je ne puis vivre avec personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais par expérience. Dès que je sens quelqu'un près de moi, sa personnalité opprime mon amour-propre et gêne ma liberté. En vingt-quatre heures je puis même prendre en grippe les meilleures gens : l'un parce qu'il reste longtemps à table, un autre parce qu'il est enrhumé et ne fait qu'éternuer. Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général."
[...]
"Un beau matin, je reçois par la poste quatre mille cinq cents roubles, à mon
extrême surprise, bien entendu. Trois jours après arrive la lettre promise.
Je l'ai encore, je la conserverai jusqu'à ma mort ; veux-tu que je te la
montre ? Ne manque pas de la lire : elle s'offre elle-même à partager ma vie.
"Je vous aime follement ; que vous ne m'aimiez pas, cela m'est égal,
contentez-vous d'être mon mari. Ne vous effrayez pas, je ne vous gênerai en
rien ; je serai un de vos meubles, le tapis sur lequel vous marcherez.. Je
veux vous aimer éternellement, je vous sauverai de vous-même.." Aliocha, je
suis indigne même de rapporter ces lignes dans mon vil langage, du ton dont
je n'ai jamais pu me corriger ! Jusqu'à maintenant, cette lettre m'a percé le
coeur, et crois-tu que je me sente à mon aise, aujourd'hui ? Je lui répondis
aussitôt, car il m'était impossible d'aller à Moscou. J'écrivis avec mes
larmes. Je rougirai éternellement de lui avoir rappelé qu'elle était
maintenant riche et dotée - et moi sans ressources. J'aurais dû me contenir,
mais ma plume me trahit. J'écrivis aussi à Ivan, alors à Moscou, et lui
expliquai tout ce qu'il était possible, une lettre de six pages ; j'envoyai
Ivan chez elle. Qu'as-tu à me regarder ? Oui, Ivan est tombé amoureux de
Katia, il est toujours épris d'elle, je le sais. J'ai fait une sottise, au
point de vue du monde, mais c'est peut-être cette sottise qui nous sauvera
tous. Ne vois-tu pas qu'elle l'honore, qu'elle l'estime ? Peut-elle, après
nous avoir comparés, aimer un homme tel que moi, surtout après ce qui s'est
passé ici ?
- Je suis persuadé que c'est un homme comme toi qu'elle doit aimer, et non
pas un homme comme lui.
C'est sa propre vertu qu'elle aime, et non pas moi, laissa échapper Dmitri
malgré lui, avec irritation. - Il se mit à rire, mais soudain ses yeux
étincelèrent ; il devint tout rouge et donna un violent coup de poing sur la
table. - Je le jure, Aliocha, s'écria-t-il dans un accès de fureur non jouée
contre lui-même, tu peux le croire ou non, aussi vrai que Dieu est saint et
que le Christ est Dieu, et, bien que j'aie raillé ses nobles sentiments, je
ne doute pas de leur angélique sincérité ; je sais que mon âme est un million
de fois plus vile que la sienne. C'est dans cette certitude que consiste la
tragédie. Le beau malheur, que l'on déclame quelque peu ! Moi aussi, je
déclame et pourtant je suis parfaitement sincère. Quant à Ivan, j'imagine
qu'il doit maudire la nature, lui si intelligent ! Qui a eu la préférence ?
Un monstre tel que moi, qui n'ai pu m'arracher à la débauche, quand tous
m'observaient, et cela sous les yeux de ma fiancée ! Et c'est moi qu'on
préfère ! Mais pourquoi ? Parce que cette jeune fille veut, par
reconnaissance, se contraindre à une existence malheureuse ! C'est absurde !
Je n'ai jamais parlé à Ivan dans ce sens, et lui, bien entendu, n'y a jamais
fait la moindre allusion ; mais le destin s'accomplira ; à chacun selon ses
mérites ; le réprouvé s'enfoncera définitivement dans le bourbier qu'il
affectionnne. Je radote, les mots ne rendent pas ma pensée, mais ce que j'ai
fixé se réalisera. Je me noierai dans la fange et elle épousera
Ivan.
[...]
"J'avais déjà eu l'occasion de l'entrevoir : c'est une femme qui ne frappe
pas dès l'abord. Je connais l'histoire de ce vieux marchand, son amant, qui
n'en a plus pour longtemps, mais qui lui laissera une jolie somme. Je la
savais cupide, prêtant à usure, fourbe et coquine, sans pitié ! J'allais donc
chez elle pour la corriger et.. j'y restai. Cette femme-là, vois-tu, c'est la
peste ! Je me suis contaminé, je l'ai dans la peau. Tout est fini désormais,
il n'y a plus d'autre perspective. Le cycle des temps est révolu. Voilà où
j'en suis. Comme par un fait exprès, j'avais encore trois mills roubles en
poche. Nous sommes allés à Mokroïé, à vingt-cinq verstes d'ici, j'ai fait
venir des tziganes, j'ai offert le champagne à tous les paysans, aux femmes
et aux filles de l'endroit. Trois jours après, j'étais à sec. Tu penses que
j'ai obtenu la moindre faveur ? Elle ne m'a rien montré. Elle est toute en
replis, je t'assure. La friponne, son corps rappelle une couleuvre, cela se
voit à ses jambes, jusqu'au petit doigt de son pied gauche qui en porte la
marque. Je l'ai vu et baisé, mais c'est tout, je te le jure. Elle m'a dit :
"Veux-tu que je t'épouse, bien que pauvre. Si tu me promets de ne pas me
battre et de me laisser faire tout ce que je voudrai, je me marierai
peut-être !" Et elle s'est mise à rire, elle en rit encore maintenant !"
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Hole - Reasons to be Beautiful.06 décembre 06 @ 17:55
Love hangs herself
With the bedsheets in her cell
Threw myself on fires for you
10 good reasons to stay alive
10 good reasons that I can't find
Oh, give me a reason to be beautiful
So sick in his body, so sick in his soul
Oh, give me one reason to be beautiful
Oh, and everything I am
Love hates you
I live my life in ruins for you
And for all your secrets kept
I squashed the blossom and the blossom's dead
Oh, give me a reason to be beautiful
So sick in his body, so sick in his soul
Oh, and I will make myself so beautiful
Oh, and everything I am
Miles and miles of perfect skin
I swear I do, I fit right in
My love burns through everything
I cannot breathe
Miles and miles of perfect skin
I swear, I said, I fit right in
I fit right in your perfect skin
I cannot breathe
Hey, baby, take it all the way.. down
Hey, baby, taste me anyway
Oh, you were born
So pretty, oh summerbabe
We'll never know..
And fading like a rose
Give me one reason to be beautiful
So sick in his body, so sick in his soul
I'll give you my body, just sell me your soul
Oh, and everything I am will be bought and sold
Oh, and everything I am will turn hard and cold
And they say in the end
You'll get bitter just like them
And they steal your heart away
When the fire goes out you better learn to fake
It's better to rise than fade away..
Hey, you were right
Named a star for your eyes
Did you freeze, did you weep
Turn to gold, baby, sleep
Hey, honey mine
I was there all the time
And I weep at your feet
And it rains and rains
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