Le dernier ami, Tahar Ben Jelloun.
14 janvier 06 @ 14:32

Je te suivais, dire qu'on a fait de la prison pour nos idées, pour des idéaux, des valeurs qu'on partageait, tu n'aurais jamais dû être emprisonné, tu ne mérites pas d'aller en prison pour tes idées, parce que tes idées, c'est de la magouille, aucune conviction, que du bluff, du bavardage, rien de sérieux, en fait tu n'es qu'un faux jeton, tu sais le jeton qui ne marche nulle part, écoute, n'essaie pas de placer un mot pour ta défense, dire que je ne t'ai toujours voulu que du bien, rien que du bien, je te faisais passer avant moi-même, avant ma femme et mes enfants, tu étais l'ami, l'intouchable, celui que je préférais à mon frère, j'étais fier de toi, surtout quand tu avais résisté à la vie facile, bars-copains-putes-rebars, tu t'étais installé, tu t'étais rangé et tu ne trompais pas ta femme, du moins ce que je croyais, voilà que j'apprends dans la foulée que non seulement tu as abusé ma confiance, mais que tu mènes une double ou triple vie, oui, tu m'avais vaguement parlé de l'Espagnole, mais les autres, je suis au courant, la rumeur, mon cher, la rumeur, ne m'interromps pas ! ici, à Tanger, tout se sait, rien n'est vraiment clandestin, tu as beau te cacher, prendre des précautions, on finit toujours par savoir ce qui se passe, à la limite ça ne me regarde pas, ça regarde ta femme, mais c'est une indication, ça m'a renseigné sur tout le reste, et le reste est immense, il sent mauvais, il n'est pas bon, le reste, les petites combines pour dépenser le moins d'argent possible, pour avoir deux visages, il y aura toujours chez toi une deuxième possibilité pour t'en tirer, voilà, gagner sur tous les tableaux, mais ce n'est pas possible du tout, tu fais attention à ta petite santé, tu ne fumes plus, tu ne bois presque pas, même la baise tu dois la programmer en fonction de la disponibilité de ton corps, tout est calcul, tu ne tombes pas malade pour ne pas avoir à débourser le prix d'une consultation, et ça marche, tu es en bonne santé, ce n'est pas mon cas, je tousse en me levant, en parlant, en me couchant, et même en dormant, je bois mon verre de whisky tous les soirs, je me démolis tranquillement, méthodiquement et je suis plus heureux que toi, non laisse-moi, ne vient pas à mon secours, je tousse, et alors, c'est normal de tousser en cette nuit de vérité, j'ai tout déballé, ramasse ce qui dégouline, ne laisse rien se perdre, j'ai craché mes poumons pour que tu saches combien tu me dégoûtes.

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Louise Attaque - Est-ce que tu m'aimes encore.
13 janvier 06 @ 23:01

Dis, est-c'que tu m'aimes encore ?
Dis est-c'que tu dors ?
Si oui est-c'que tu rêves aussi
Si non, ben pourquoi tu dors ?

Dis est-c'que tu m'aimes encore ?
Dis est-c'que tu mords ?
Si oui, est-c'que tu embrasses aussi ?
Si non, ben pourquoi tu mords ?

Nous ça valait de l'or
Dis est-c'que c'est oui ?
Nous ça valait la vie
Oui, non, ou encore

Dis, est-c'que tu m'aimes encore ?
Dis, est-c'que tu dors ?
Si oui, est-c'que tu rêves aussi ?
Si non, ben pourquoi tu dors ?

Nous ça valait de l'or
Dis, est-c'que c'est oui ?
Nous ça valait la vie
Oui, non ou encore

Est-c'que tu m'aimes encore ?
Dis, est-c'que tu dors ?
Si oui est-ce que tu rêves aussi ?
Si non, ben pourquoi tu dors ?

Dis est-ce que tu m'aimes encore ?
Dis est-c'que tu mords ?
Si oui, est-ce que tu embrasses aussi ?
Si non, ben pourquoi tu mords ?

Nous ça valait de l'or
Dis est-c'que c'est oui ?
Nous ça valait la vie
Oui, non ou encore

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Bob Dylan - If you see her, say hello
13 janvier 06 @ 22:15

Blood on the Tracks version

If you see her, say hello, she might be in Tangier
She left here last early spring, is livin' there, I hear
Say for me that I'm all right though things get kind of slow
She might think that I've forgotten her, don't tell her it isn't so

We had a falling-out, like lovers often will
And to think of how she left that night, it still brings me a chill
And though our separation, it pierced me to the heart
She still lives inside of me, we've never been apart

If you get close to her, kiss her once for me
I always have respected her for busting out and gettin' free
Oh, whatever makes her happy, I won't stand in the way
Though the bitter taste still lingers on from the night I tried to make her stay

I see a lot of people as I make the rounds
And I hear her name here and there as I go from town to town
And I've never gotten used to it, I've just learned to turn it off
Either I'm too sensitive or else I'm gettin' soft

Sundown, yellow moon, I replay the past
I know every scene by heart, they all went by so fast
If she's passin' back this way, I'm not that hard to find
Tell her she can look me up if she's got the time

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