La bête de la jungle, Henry James.30 juillet 06 @ 7:28
Il était impossible qu'il ne rapportât pas à lui-même l'animation dont elle témoignait, malgré le côté de complète surprise que tout cela ne laissait pas de présenter. Si longtemps, il s'était cru abominablement seul, et voilà qu'il n'était pas seul du tout. Il ne l'avait pas été, c'était clair, une seule heure, depuis les instants de Sorrente. C'était elle qui avait été seule, semblait-il découvrir en la regardant ; et cela de par sa faute, à lui, qui avait si inélégamment péché par infidélité. En lui disant ce qu'il lui avait dit alors, qu'avait-il fait, sinon lui demander une grâce, - une grâce qu'elle avait accordée, avec charité, sans qu'il eût, lui qui avait esquivé toute autre rencontre, tant fait que de la remercier d'un souvenir ou d'un retour de pensées. Ce qu'il lui avait demandé alors ? Simplement de ne pas rire de lui. Et elle avait fidèlement tenu sa promesse pendant dix ans et elle la tenait encore. Aussi de quelle gratitude infinie avait-il à s'acquitter ! Seulement pour cela, il fallait qu'il sût au juste quelle idée elle s'était faite de lui.
[...]
- Voulez-vous dire que vous avez connu l'amour ?
Et alors, comme il se contentait de la regarder en silence :
- Vous l'avez connu, et ça n'a pas été pour vous un tel cataclysme, ce n'a pas été la grande épreuve ?
- Je suis là, vous voyez bien. Ca ne m'a pas écrasé.
- Alors, ce n'a pas été de l'amour ? dit May Bartram.
- En tous cas, je l'ai cru. J'ai cru que c'était ça, l'amour : je l'ai cru jusqu'à maintenant. C'était agréable, c'était délicieux, c'était misérable, expliqua-t-il. Mais ce n'était pas étrange. Ce n'était pas ce que doit être mon aventure à moi.
- Vous voulez donc quelque chose qui ne soit qu'à vous, quelque chose qu'aucun autre ne connaisse ou n'ait connu ?
[...]
En fin de compte, voilà qu'il ne l'avait certainement plus, ou, si l'on préfère, ne l'avait que dans la proportion la plus infime. Telle ne tarda pas à être, au train dont les choses allèrent pour lui, la conclusion avec laquelle sa vieille obsession eut à compter : et cette conclusion n'était pas contredite par l'apparence, confirmée chaque jour davantage, qu'à ce grand vague dont l'ombre avait escorté sa vie il ne restait pour attester sa réalité qu'une imperceptible marge. Puisque c'était dans le Temps qu'il avait à rencontrer son destin, c'était également dans le Temps que son destin avait à s'accomplir ; et comme il s'éveillait au sentiment de n'être plus jeune, qui est exactement le sentiment d'être usé, qui équivaut à son tour au sentiment d'être impuissant, ses yeux s'ouvraient à un second aspect de la question. Tout cela se tenait ; ils étaient soumis, lui et le grand vague, à une égale et commune loi. Quand les possibilités, elles aussi, se sont usées, quand le secret des dieux s'est éventré, voire même tout à fait évaporé, alors, mais alors seulement, il y a échec. Il n'y a pas échec à être ruiné, déshonoré, mis au pilori, pendu. L'échec c'était de n'être rien.
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Belle and Sebastian - I'm a cuckoo30 juillet 06 @ 6:59
I’m glad to see you
I had a funny dream
And you were wearing funny shoes
You were going to a dance
You were dressed like a punk but you were too young to remember
I'm glad to see you
I’m outside the house
I’m not thinking right today
I’ve got no energy
I’m glad that you were waiting with me
Tell me all about your day
Breaking off is misery
I see a wilderness for you and me
Punctuated by philosophy
I'm wondering how things could’ve been
I’m happy for you
You’ve made it hard for me
I counted on your company
You were staying with your friends tonight
I’m feeling sorry for myself
I keep taking everything to be a sign
I’m happy for you
Now I know this hurt is poison
Too sharp to be bled
I’m sitting on my empty bed
I'm on my empty bed
At night the fever grows it’s pounding pounding
I’d rather be in Tokyo
I'd rather listen to Thin Lizzy oh
Watch the Sunday gang in Harajuku
There’s something wrong with me, I’m a cuckoo
Scary moment, lovin’ every moment
I was high from playing shows
We lost a singer to her claws
My trouble raised its ugly head
I was revealed
And I was home in bed
I was a kid again
Jesus told me, go after every coin like it was the last in the world
And protect the wayward child
But I’m a little lost sheep
I need my Bo peep
You know I need my Shepherd here tonight
Breaking off is misery
I see a wilderness for you and me
Punctuated by philosophy
I'm wondering how things could’ve been
I'd like to see you
But really I should stay away
And let you settle down
I’ve got no claims to your crown
I was the boss of you
And I loved you
You know I loved you
It’s all over now
And I was there for you
When you were lonely
I was there when you were bad
I was there when you were sad
Now it’s my time of need
Im thinking, do I have to plead to get you by my side ?
I’d rather be in Tokyo
Id rather listen to Thin Lizzy oh
Watch the Sunday gang in Harajuku
There’s something wrong with me, I’m a cuckoo
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Arctic Monkeys - You probably couldn't see for the lights but you were looking straight at me.28 juillet 06 @ 6:31
One look sends it coursing through the veins, oh how the feeling races
Back up to their brains to form expressions on their stupid faces
They don't want to say hello, but I can't want to say hello
My heartbeat's at its peak, when you're coming up to speak
And oh I'm so tense, never tenser
Could all go a bit Frank Spencer
And I'm talking gibberish
Tip of the tongue but I can't deliver it..
Properly
Oh, it's all getting on top of me
And if it weren't this dark
You'd see how red my face has gone
Everybody's trying to crack the jokes and that to make you smile
Those that claim that they're not showing off are drowning in denial
But they're not half as bad as me, say anything and I'll agree
'Cause when it comes to acting up, I'm sure I could write the book
And now that you're more than a part in the play
It's slightly easier to think what to say
You had us all standing on our heads
Doing our best tricks, yeah
Never again
Never again
Will there be another one quite as desirable as you ?
One look sends it coursing through the veins, oh how the feeling races
Back up to their brains to form expressions on their stupid faces.
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L'Ignorance, Milan Kundera.27 juillet 06 @ 22:44
Elle raconte, elle est drôle, ils rient.
"Le pire, c'est qu'elles me parlaient de choses et de gens dont je ne savais rien. Elles ne voulaient pas comprendre que leur monde, après tout ce temps, s'est évaporé de ma tête. Elles pensaient que, avec mes oublis, je voulais me rendre intéressante. Me démarquer. C'était une conversation bizarre : moi j'avais oublié qui elles avaient été ; et elles ne s'intéressaient pas à ce que je suis devenue. Tu te rends compte que personne ici ne m'a jamais posé une seule question sur ma vie là-bas ? Pas une seule question ! Jamais ! J'ai toujours l'impression qu'on veut m'amputer ici de vingt ans de ma vie. Vraiment, j'ai le sentiment d'une amputation. Je me sens comme raccourcie, diminuée, comme une naine."
Elle lui plaît et ce qu'elle raconte lui plaît aussi. Il la comprend, il est d'accord avec tout ce qu'elle dit.
"Et en France, tes amis te posent des questions ?"
Elle est sur le point de dire oui mais, ensuite, elle se ravise ; elle veut être exacte et parle lentement : "Bien sûr que non ! Mais quand les gens se voient souvent, ils supposent qu'ils se connaissent. Ils ne se posent pas de questions et n'en sont pas frustrés. S'ils ne s'intéressent pas les uns aux autres, c'est en toute innocence. Ils ne s'en rendent pas compte.
- C'est vrai. Ce n'est qu'en revenant au pays après une longue absence qu'on est frappé par cette évidence : les gens ne s'intéressent pas les uns aux autres et c'est normal.
- Oui, c'est normal.
- Mais je pensais à autre chose. Non pas à toi, à ta vie, à ta personne. Je pensais à ton expérience. A ce que tu avais vu, à ce que tu avais connu. De cela, tes amis français ne pouvaient avoir aucune idée.
- Les Français, tu sais, ils n'ont pas besoin d'expérience. Les jugements, chez eux, précèdent l'expérience. Quand nous sommes arrivés là-bas, ils n'avaient pas besoin d'informations. Ils étaient déjà bien informés que le stalinisme est un mal et que l'émigration est une tragédie. Ils ne s'intéressaient pas à ce que nous pensions, ils s'intéressaient à nous en tant que preuves vivantes de ce qu'ils pensaient, eux. C'est pourquoi ils étaient généreux envers nous et fiers de l'être. Quand, un jour, le communisme s'est écroulé, ils m'ont regardée, fixement, d'un regard examinateur. Et alors, quelque chose s'est gâté. Je ne me suis pas comportée comme ils s'y attendaient."
Elle boit du vin ; puis : "Ils avaient fait vraiment beaucoup pour moi. Ils ont vu en moi la souffrance d'une émigrée. Puis le moment est venu où je devais confirmer cette souffrance par la joie de mon retour. Et cette confirmation n'a pas eu lieu. Ils se sont sentis trompés. Et moi aussi car, entre-temps, j'avais pensé qu'ils m'aimaient non pas pour ma souffrance mais pour moi-même."
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L'arrache-coeur, Boris Vian.27 juillet 06 @ 20:28
- J'ai été eu, continua Jacquemort. Ce pays m'a eu. Quand je suis arrivé, j'étais un jeune psychiatre plein d'allant, et maintenant, je suis un jeune psychiatre sans allant du tout. Ca fait une grosse différence, assurément. Et c'est à ce village pourri que je dois ça. Ce sacré village dégueulasse. Ma première foire aux vieux. Maintenant, je me moque apparemment de la foire aux vieux, je cogne à regret sur les apprentis et j'ai déjà maltraité La Gloïre parce qu'autrement ça me faisait du tort. Eh ben, c'est fini, tout ça. Je vais me mettre au travail énergiquement. C'est ça qu'il se disait, Jacquemort. Ce qu'il peut s'en passer des choses dans la cervelle d'un homme, c'est pas croyable, ça fait penser.
Le chemin gémissait sous les pieds de Jacquemort. Chuinait. Grouillait. Résouillait. Gluissait. Au ciel, des corbeaux très pittoresques croassaient, mais sans bruit, car le vent portait dans l'autre sens.
Comment se fait-il, pensa soudain Jacquemort, qu'il n'y ait pas de pêcheurs ici ? La mer est pourtant très proche et pleine de crabes, d'arapèdes et de comestibles écailleux. Alors ? Alors ? Alors ? Alors ? Alors ?
Alors, c'est qu'il n'y a pas de port. Il était si ravi d'avoir trouvé ça qu'il se sourit avec complaisance.
[...]
Jacquemort posait sur tout cela des regards attentifs ; sur tous ces paysages qu'il ne reverrait plus - le jour venait de prendre la place que lui destinait le sort.
Si je ne m'étais pas trouvé sur le chemin de la falaise, pensait-il. Le 28 août. Et maintenant, les mois sont devenus si drôles - à la campagne, le temps, plus ample, passe plus vite et sans repères.
Et qu'ai-je donc assimilé. Qu'ont-ils bien voulu me laisser. Que pouvaient-ils communiquer ?
La Gloïre est mort hier, et je vais prendre sa place. Vide au départ, j'avais un handicap trop lourd. La honte, c'est tout de même ce qu'il y a de plus répandu.
Mais qu'avais-je à vouloir sonder, qu'avais-je à vouloir savoir - pourquoi tenter d'être comme eux - sans préjugés, doit-on nécessairement aboutir à cela, cela seul ?
Il revoyait un autre jour où dansaient en l'air des maliettes - et tous les pas qu'il avait faits sur ce chemin trop bien connu, tous ces pas pesaient à ses jambes, et il se sentait soudain si lourd, trajet parcouru tant de fois, pourquoi donc met-on tout ce temps à se dégager du départ, pourquoi donc suis-je resté dans la maison de la falaise - il allait la quitter demain pour vivre dans l'or de La Gloïre.
La maison. Le jardin. Derrière, la falaise et la mer. Où est donc Angel, se demande-t-il, où est-il parti sur cet intrusment incertain qui dansait au milieu de l'eau ?
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Noblesse et Grandeur, Romain Gary.27 juillet 06 @ 8:38
Nerveusement il ajuste le monocle dans son oeil fatigué : "De l'allure... du panache !" Ses bottes sont soigneusement cirées, ses boutons et son ceinturon brillent dans la nuit, il a mis sa plus belle tenue, sa tenue de gala : il s'agit de Mourir. Si seulement il pouvait dominer ce tremblement nerveux des lèvres, ce bégaiement et cette féroce envie d'uriner... Mais ce ne sont là que des détails. Il se sent inspiré, prêt à tout, entièrement à la hauteur de son rôle. Dans quelques minutes la colère du Führer va réduire en cendres le village de Plevtsi. C'est un joli village, enfermé dans la forêt subcarpatique, d'aspect paisible et innocent... Les pins sentent bon et murmurent doucement, les maisons ont des volets rouges, agréables à l'oeil dans toute cette verdure, et sur les toits les lucarnes sont souvent taillées en forme de coeur. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Ce village est un sournois, un traître, qui cache son jeu, un faux jeton de village. Ses habitants n'ont-ils pas osé se révolter, au premier son des canons de l'armée russe, n'ont-ils pas osé attaquer le détachement local des S.S., le disperser comme du vulgaire bétail ? N'ont-ils pas poussé leur impudence jusqu'à s'emparer des puits de pétrole au moment même où les gens bien intentionnés s'apprêtaient à y mettre le feu, pour les empêcher de tomber aux mains de l'ennemi ? Mais les maudits puits ne perdront rien pour attendre. Dans quelques minutes, sous les ordres de Kopfff, la partie saine de la population - le bourgmestre et le directeur des raffineries et le propriétaire du journal patriote local En Avant et le commissaire de police et quelques autres éléments sûrs, spécialement sortis de prison - la partie saine de la population, revenue de sa surprise, va passer à l'action.
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Johnny Cash - One.27 juillet 06 @ 8:20
Is it getting better
Or do you feel the same ?
Will it make it easier on you now
If you've got someone to blame ?
You said one love
One life
When it's one need
In the night
One love we get to share it
It leaves you baby if you don't care for it
Did I disappoint you ?
Or leave a bad taste in your mouth ?
You act like you never had love
And you want me to go without
Well it's too late
Tonight
To drag the past out
Into the light
We're one but we're not the same
We get to carry each other
Carry each other
One
Have you come here for forgivness ?
Have you come to raise the dead ?
Have you come here to play Jesus
To the leprous in your head ?
Did I ask you too much
More than a lot
You gave me nothing now
It's all I got
We're one but we're not the same
Well we hurt each other and we're doin' it again
[...]
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Certainement pas, Chloé Delaume.27 juillet 06 @ 7:46
La cicatrisation ne pourra pas se faire. Je l'ai toujours su, j'en ai la certitude ce soir, on ne peut pas guérir de tout, certaines plaies restent à vif de ne pouvoir se refermer. De ne pouvoir. C'est vraiment ça. Il y a plusieurs raisons qui empêchent une douleur de se muer en souvenir : la conscience de l'amputation et le dispositif qui suit l'opération. Je ne m'accroche pas à lui, vraiment pas, les gens ont tort, trop tort de penser ça. C'est à cause de la vie plus longue, mettre un pluriel à grand amour. Mathias, je l'ai aimé tout de suite et toujours davantage. Même pas de stagnation, de plateau orgasmique, juste une courbe ascendante qui ne sait s'achever. Il a beau me pousser, on a beau me pousser, je n'arrive pas à tomber. Je ne m'accroche pas à lui, vraiment pas, j'ai tout lâché il y a quatre ans, mes mains étaient calleuses, ankylosées six mois rambarde, des larmes du vent ça crevasse les jointures, je ne pouvais plus tenir, physiquement plus la force. J'ai tout lâché il y a quatre ans, des cartons de photos, de lettres, de petits bouts de tout et de n'importe quoi, un pompom de coquillages une mèche brune des tickets expo zoo cinéma des dépliants des cartes postales ajoutées aux angles punaiseux, des poèmes gribouillés sur d'antiques papiers gras un cochon en peluche des livres annotés. J'ai tout lâché, le vide, le vide complet durant des jours ensuite des semaines je mens non des mois. J'ai tout lâché, le vide, il est resté le vide. J'ai tout lâché j'ai dit maman regarde sans les mains sans les mains mais maman comme les autres a été obligée de constater combien je perpétuais ma course, sans les mains et sans rien elle continuait, la courbe. Je ne suis pas romantique. Je ne l'attends même pas. Enfin, je ne l'attends plus. Je n'attends plus rien je crois. Je sais que c'est trop tard, je crois que je l'ai su il y a quatre ans déjà.
[...]
Je ne peux pas cicatriser, j'ai conscience de l'amputation. Mathias ne m'était pas une greffe. Il ne m'a jamais été un corps étranger, pas de fils ni d'aiguilles, même pas d'anesthésie, il a poussé en mon dedans, entre le coeur et les poumons, une racine germinale. Il s'est arraché violemment, il s'est extirpé d'un coup sec, une fosse dans ma poitrine, le chagrin a pris place et depuis ça gangrène. Il me manque un morceau et j'ai beau essayer, les hommes restent prothèses, rien ne peut substituer du plein et du vivant à ma béance aride, rien n'a pu ne pourra. On me ressasse depuis quatre ans sept mois : mon Esther tu verras il y a en toute vie deux ou trois grands amours, c'est rare un seul tu sais, tu riras de Mathias au bras du bon, chérie. Je ne cherche même plus à dodeliner du chef. Je ne suis plus polie, docile et conciliante. J'ai eu adolescente trois ans mon grand amour rebaptisé premier, et puis j'ai eu Mathias. J'ai connu assez d'hommes avant et même depuis pour savoir que toujours il s'agissait de boutures plus ou moins réussies mais que rien ne poussait entre le coeur et les poumons. Je n'idéalise rien. Mathias est un sale con, un sale con égoïste, fourbe et mégalomane, séducteur, assez pleutre. Mathias est un garçon tout ce qu'il y a de commun. Mais c'était mon histoire.
[...]
J'ai quitté David avant-hier. J'ai compris que mon coeur avait un bec de lièvre et que l'amour aurait toujours un goût de non-anniversaire, ça ne sert à rien d'insister. Analyse comportementale je dénote un conditionnement. Mon coeur est un chien qui salive. Je n'attends pas qu'ils m'aiment avant que je choisisse. Une fois que j'ai choisi, j'attaque et je conclus. Une fois que j'ai conclu, j'ai besoin de souffrir, pas trop mais un petit peu. Comme j'ai couru après j'ai beaucoup fantasmé, voire même cristallisé je cristallise à une vitesse c'est pas permis. [...] Chaque détail me hérisse, maladresses et erreurs se transforment en défauts jugés irrecevables. Le mépris sécrété va irriguer doucement le creux qu'a laissé en mon sein la racine autrefois déplantée. Je peux tenir des mois, inversant la tendance au prix d'une sournoiserie qui n'a d'équivalent. Qu'il soit devenu affable, juste un peu amoureux ou que jusqu'à la moelle il soit mesmérisé, le dénouement ne change. Je le quitte brutalement, sans même me fatiguer à quérir de prétexte. J'en arrive de ce fait similaires conclusions : personne ne tient à moi, personne suffisamment pour refuser ma fuite, lutter en compromis, me reprendre par la force ou de fines stratégies. Personne ne veut, personne ne peut.
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Mano Solo - Moi j'y crois.27 juillet 06 @ 6:21
Toutes ces conneries qu'on raconte sur l'amour
Toutes ces sornettes comme quoi ça fait du bien
Il paraît même que c'est l'propre des humains
Il paraît que ça rend heureux, qu'on a rien trouvé d'mieux
Et moi j'y crois
Quand j'te vois
En face de moi
Que ma tête me crie tout bas
"Embrasse la! Embrasse la!"
Et moi j'y crois
Embrasse-moi !
Il paraît qu'l'amour, ça t'aide quand t'es triste
Il paraît même que ça rend complices
Il paraît qu'ça fait des trucs profonds
Qu'on efface pas d'un coup d'torchon
Que ça va même jusqu'à la passion
Que des fois ça fait mal mais y'a qu'ça qu'est bon
Il paraît qu'l'amour, ça change tous les jours
Que tu l'croies mort, et même il bande encore
Et moi j'y crois
Quand j'te vois
En face de moi
Que ma tête me crie tout bas
"Embrasse la! Embrasse la!"
Et moi j'y crois
Embrasse-moi !
Mais j'ai vu un gars, dans un bistrot
Un peu tristounet, et tout pâlot
Qui m'a dit qu'un coeur pouvait battre si fort
Que d'un coup il s'arrache de son corps
Et il t'laisse là, sur le bitume
Empli de vide et d'amertume
Il paraît qu'l'amour, c'est un truc dangereux
Que ça va faire chialer tes jolis p'tits yeux
Il paraît même que ça fout la fièvre
Il paraît qu'y'en a certains, y'en a certains qui en crèvent
Mais moi j'y crois
Quand j'te vois
En face de moi
Que ma tête me crie tout bas
"Embrasse la! Embrasse la!"
Et moi j'y crois
Embrasse-moi
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