La libellule de ses huit ans, Martin Page.14 septembre 04 @ 14:32
Pendant les années qui suivirent elle avait fini par penser que ce garçon était un rêve et qu'après tout ça allait très bien à ses joues pâles. Le jour de son dix-huitième anniversaire, elle chercha un peu distraitement le numéro de téléphone de son rêve dans un annuaire réel. Elle lui écrivit une lettre relatant le jour de leur rencontre. Il répondit qu'il s'en souvenait et aurait plaisir à la revoir. Ils se retrouvèrent dans un parc. Ils ne se connaissaient pas, mais se reconnurent tout de suite, et se parlèrent comme s'ils ne s'étaient quittés qu'hier, comme si pendant ces années leur amitié avait hiberné. Un grand jeune homme élégant avait germé et poussé de l'ancien garçon mal habillé ; sa timidité avait été broyée sous le rouleau compresseur des relations humaines : les années avaient coiffé ses cheveux et repassé ses vêtements ; sa réussite avait gauchi ses gestes maladroits pour lui donner des manières gracieuses. Il était devenu le voisin d'en face, le petit ami de la fille du troisième rang, le garçon en short rouge qui marque le point décisif du tournoi de basket universitaire... C'est-à-dire à peu près n'importe qui.
Il y a des êtres qu'on assassine en les forçant à exister. Parfois, il ne faut pas permettre aux gens d'être vivants, même si cela signifie ne vivre que de caresses tissées avec la plus tranchante partie de l'air. Ce n'est pas que Fio préférait les rêves aux êtres réels, mais elle trouvait que les rêves avaient une conversation plus intéréssante et les mains plus chaudes. Elle savait que c'était une erreur de les confondre, certaines de ses amies avaient brisé de nombreuses larmes sur ce mirage. Fio n'avait presque jamais trouvé assez de réalité aux personnes réelles. Généralement elles lui paraissaient mal imaginées, comme des fictions photocopiées et délavées.
Le garçon ne ressemblait plus à un souvenir. La nuit après novembre, c'était décembre ; le réveil posé sur le plancher de sa chambre avait sonné et ce fut l'hiver.
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Le Maximum Kouette - La version trash.14 septembre 04 @ 11:32
Qui aurait cru à une fin si minable
On aurait du voir que c'était bancal
Qui aurait cru à une telle tragédie
On dirait du mauvais Bukowski
Evitez-moi les clichés un peu niais
Un de perdu, dix de retrouvés
Evitez-moi les sages réflexions
Et les accolades comme lot de consolation
Moi c'qui me plaît, c'est quand c'est pas banal
J'aime la version trash à l'horizontale
Evitez-moi les "Ma fille c'est le destin"
Non, désolée, ça n'ira pas mieux demain
Evitez-moi les "Tu valais mieux que ça"
Epargnez-moi les "C'est préférable pour toi"
Oui, moi je suis masochiste
Oui, j'aime pas quand tout est lisse
Oui, j'aime quand ça fait mal
Quand tout est rose ça me rend malade
Moi c'qui me plaît , c'est les sensations fortes
Quand d'un coup de sang, tu claques la porte
On n'est pas fait pour être tous dans le même moule
Quand tout le monde est d'accord eh bien moi ça m'saoule
J'aime la version trash à l'horizontale
J'aime la version clash à l'horizontale
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